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Rendez-vous cette semaine avec Cécilon

Alors, on change ? Rendez-vous cette semaine avec Cécilon

Inspirer. Risquer. Réussir. Changer. Se planter. Rebondir. S’entourer. Rire. Partager. Être fiè.re.

Autant d’actions qui définissent les artisan.e.s et producteur.ices que nous rencontrons chaque jour au Comptoir d’Ici. Ils nous inspirent au quotidien et comme nous sommes sympas, nous partageons avec vous leurs visions du changement : de vie, de métier, de façon de produire et de créer.

Cette semaine, on part à la rencontre de Cécilon, alias Cécile, céramiste basée à Lorient.


La céramique, c’est la vie.

« Je trouve magique de partir d’une boule de terre, qui ne ressemble pas à grand-chose, et de pouvoir la transformer en quelque chose d’utilitaire et de beau. L’aspect utile de l’objet est d’ailleurs très important pour moi, je me considère vraiment comme une artisane, au sens noble du terme. Je contribue à perpétuer un savoir très ancien.

Cécilon est mon atelier de céramique, dans lequel je fabrique mes objets, que je vends dans les marchés et boutiques bretons. Je donne aussi des cours de poterie. Le contact humain est dans ma nature et je souhaitais partager mon artisanat. Fabriquer une pièce, de ses propres mains, fait un bien fou ! Il faut être patient, c’est une forme de méditation. On est concentré sur le tour et on atteint une sensation de plénitude incroyable. »

Changer, c’est d’abord un déclic.

« Travailler la céramique a toujours été mon rêve, mais la vie a fait que je me suis dirigée vers un tout autre milieu, celui du tourisme. Après vingt ans dans ce secteur, j’ai ressenti une perte de sens pour mon métier ; j’avais besoin de renouer avec quelque chose de plus en accord avec mes valeurs. Je suis retournée naturellement vers la poterie.

Et puis, ma famille, mon mari, mes enfants, m’ont beaucoup soutenue et encouragée à partir dans cette voie, qui me rendait heureuse. Du coup, je me suis lancée, en 2014, et j’ai suivi pendant un an une formation de céramiste professionnelle à Séné, avec Mathieu Liévois. En 2016, j’ai pu ouvrir mon atelier et commencer à produire. Après un an, je me suis sentie légitime pour donner des cours, à mon tour. »


Changer, c'est bien.

« J’ai retrouvé un vrai épanouissement personnel, qui rejaillit sur la famille. Je suis aussi très fière d’avoir une entreprise qui marche. C’est important car tu donnes beaucoup, tu ne comptes par tes heures, il faut donc pouvoir en tirer un salaire.

Il n’y a pas un seul matin où je n’ai pas envie d’aller travailler. Les jours où j’ouvre mon four, lorsque les poteries sont cuites, c’est Noël avant l’heure ! Et cette joie de gosse, je la vois aussi dans les yeux de mes élèves ! C’est rare dans la vie de pouvoir dire « J’adore ce que j’ai fait ! Je suis super fière » et bien c’est ce qu’ils disent tous en ouvrant le four ! La magie a opéré. »


Changer, ça se prépare.

« Lorsque j’ai entamé ma reconversion pour la poterie, je me suis donnée à fond, en investissant dans ma formation et dans des outils, mais j’ai aussi gardé dans un coin de ma tête un plan B, au cas où cela ne marcherait pas. Je me suis donné deux ans pour réussir. Cela m’a libéré l’esprit. Les échecs font aussi avancer et je savais que je pouvais rebondir d’une autre manière.

Je trouve que c’est aussi capital d’avoir le soutien de ses proches. Ils ont beaucoup œuvré dans ce sens, et ils ont compris mon besoin d’épanouissement personnel et professionnel. »


Changer, c’est tous les jours.

« Je travaille avec de la porcelaine qui vient de Limoges, qui est un mélange de plusieurs minéraux, notamment du kaolin de Plœmeur. J’utilise aussi du grès de Bourgogne et de Charente. La véritable difficulté de mon métier se situe au niveau de la matière première, qui peut être difficile à obtenir. J’essaie de m’adapter comme je peux.

Parmi les solutions, il y a le recyclage. Je recycle ma terre non utilisée, ou cassée. C’est inné chez le potier, de ne pas jeter la terre. Je récupère les copeaux de grès ou de porcelaine, et je les transforme en engobes (peintures) ou en barbotine (sorte de colle en terre). Quand il m’en reste beaucoup, je l’humidifie pour pouvoir la rebattre.

Et puis le temps, ou plutôt le manque de temps, reste un enjeu. Je voudrais tenter plus de choses, de me lancer de nouveaux défis. Par exemple, en ce moment je travaille avec d’autres céramistes sur des essais plus expérimentaux, de mélanges de terre et de métal. Je voudrais vraiment pouvoir explorer ce chemin… »

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